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Témoignage sur les conditions d’expulsion par charter dans le cadre du dispositif européen FRONTEX (Nigeria, avril 2010)

Témoignage sur les conditions d’expulsion par charter dans le cadre du dispositif européen FRONTEX (Nigeria, avril 2010)

http://www.millebabords.org/spip.php?article13938

15 avril 2010

Témoignage sur les conditions d’expulsion par charter dans le cadre du dispositif européen FRONTEX

"Partout où se portait mon regard, il n’y avait que punition gratuite".
Témoignage en anglais (lire ci-dessous) d’une personne déportée par un charter par Frontex

Voilà l’histoire de PBBB. Il est resté en contact avec des amis en Grande Bretagne et a accepté d’écrire son témoignage sur ce que ça veut dire d’être dans un charter Frontex.

LES GENS PORTES COMME DES CADAVRES

J’ai eu le choc de ma vie lors que nous avons commencé notre voyage [du centre de rétention] de Tinsley House à l’aéroport. Nous sommes restés dans le bus de 11 heures à 18 heures sans pouvoir en sortir. Dans le bus, on n’a pas pu bouger ni se lever pendant 7 heures, car chaque détenu était escorté par deux agents de sécurité. Les agents de sécurité prenaient une pause toutes les 30 minutes et étaient remplacés par d’autres agents, alors que nous, nous restions assis serrés comme des sardines en boîte. Mes jambes ont gonflé et semblaient lourdes comme jamais. Plus les heures avançaient, plus chaque heure était une heure de lutte pour nous. Je me sentais de plus en plus faible, comme si mon sang s’arrêtait de circuler. Nous n’étions pas du tout préparés à ce qui allait arriver sur le vol charter. Partout où se portait mon regard, il n’y avait que punition gratuite.

Il y avait beaucoup de femmes tristes et beaucoup d’enfants dans leurs poussettes. Les enfants pleuraient avec véhémence en voyant comment leurs parents étaient traités. Il y avait sur ce vol beaucoup de femmes avec des bébés nouveaux-nés, et beaucoup de mineurs séparés de leurs parents portaient la tristesse sur leurs visages.

On est parti d’un autre aéroport, pas de Gatwick. On a bien atterri à Dublin. Là beaucoup d’autres sont montés dans notre vol charter. Les détenus de Dublin étaient amenés à l’aéroport dans des fourgons pénitentiaires et avaient les mains entravées par des menottes. Beaucoup ont été battus abondamment avant d’être embarqués. Déjà même en Grande-Bretagne un mineur avait été battu quand il avait commencé à crier son message « j’ai quitté le Nigeria quand j’avais 3 ans, je n’ai plus aucune famille au Nigéria ». L’agent de sécurité à ses côtés lui disait que ça ne servait à rien de crier et qu’il fallait se calmer. Tout d’un coup les cris sont partis de la foule quand ils ont trouvé que ça suffisait de le taper comme ça. Ça criait très fort quand les médecins sont venus s’occuper du garçon qui avait été battu.

On est parti de Dublin pour l’Espagne, et c’est là en Espagne que ça a été le plus affreux quand tout le monde, hommes comme femmes on été entravés par des menottes aux pieds et aux mains. Les deux agents de sécurité à mes côtés ont réalisé que mes jambes étaient brûlantes. Celui à ma gauche m’a demandé si j’avais des problèmes avec mes jambes et je leur ai dit que j’avais des veines mortes dans les deux jambes. Immédiatement ils ont appelé l’équipe médicale. Ces derniers ont dit que je n’étais pas supposé être dans un vol d’expulsion. L’agent de sécurité a demandé à nouveau qu’est-ce qui pouvait être fait immédiatement. Les médecins ont répondu qu’il fallait m’autoriser à marcher ou à trouver un endroit pour mettre les jambes en hauteur. Depuis je peux à peine porter mes jambes. Ça a été une cause de souffrance et d’exaspération. Dès que je repense à la façon dont nous étions traités sur ce charter, un spectre vient vider mon cœur. On ne m’a jamais donné mon rapport médical même après l’avoir demandé mille fois. Tous les hôpitaux que j’ai visité demandaient ce rapport mais je ne l’avais pas. Je souffre toujours au moment où je vous parle.

On était effrayés dans cet avion, j’étais effrayé par le grand nombre de gens qui ne voulaient pas revenir dans leur pays.

Mon expérience, ce sont des paniques qui m’envahissaient quand je voyais comment les agents de sécurité battaient toute personne qui essayaient de contrecarrer leurs plans. Déjà à l’aéroport, beaucoup de gens avaient été maltraités, et en Espagne les détenus étaient insultés, et la police les agressait verbalement et les battait. Lorsque je suis revenu des toilettes, j’ai vu beaucoup de ces détenus qui nous avaient rejoints en Espagne et avaient des menottes. J’ai essayé de demander à la police pourquoi ils étaient comme ça, et alors ces policiers ont commencé à me frapper lorsque les policiers anglais les ont arrêté à cause de mon état. Il y avait beaucoup d’enfant envahis de pleurs incontrôlés à cause de ces violences et de ces cris dans l’avion. L’ensemble de ces attitudes inattendues m’a rappelé mes dernières expériences de torture. Parmi les passagers venus de Grande-Bretagne, beaucoup criaient pour dire qu’ils devaient d’abord passer devant le tribunal, d’autres pour dire qu’ils avaient femme et enfants ici en Grande Bretagne. Beaucoup se demandaient ce qui allait arriver avec leurs biens laissés derrière.
A ma grande surprise nous n’avons pas atterri dans un aéroport nigérien normal, l’avion a atterri sur un terrain appelé NACO AIRPORT (aéroport cargos) et avant qu’on sorte tous nos bagages ont été posé là sans aucune sécurité, beaucoup manquaient.


A true story of a charter flight by PBBB

PEOPLE WERE DRAG LIKE A DEAD PERSON.

I had the shock of my life when we started our journey from Tinsely House to Airport. We were in the bus from 11am to 6pm without coming out from the bus. When we were in the bus, we could not move to the right or stand for that 7 hours because every detainees was escort with two security men. All the sit was too tide but those securities keep on having brake every 30 mins by exchanging themselves with other free securities, why we detainees were sitting like fish in the box. My legs were big and heavy like never before. Every hour was a struggle hour for us, as hour went when by. I was getting weak and weaker when my could not circulate any more. When happen to us on charter flight that we weren’t prepared for. Everywhere I looked, there was punishment without crime.

There were many sad women and many of children in their baby carriages. Children were crying bitterly because of how there are parents were treated. Many women with newborn baby, and many under ages were on this charter flight without their parents, sadness on their faces. We took off from other airport but not Gatwick airport. We landed in Dublin succefully. There, many joined our charter flight. The detainees in Dublin were brought into Airport with the prison vans and also with handcuffs on there hands. Many have been beating seriously before brought into the plane. Even in uk, one of under age was beating bitterly when the boy shouted his massage across to then by saying ; I left Nigeria at age of 3yrs old and I did not have any relative in Nigeria anymore. Next security to him said ; there’s no need to shout so calm down. Suddenly, the shout went up from the crowd when the beating was too much. I heard a shout ; it was a loud crying, after the beating medical staff attended to the boy.

We took off from Dublin to Spain, there in Spain was the most worst part of it, where both female and male were round up with handcuffs on both legs and hands. The two securities beside me realize that my both legs were piping hot. The security man on my left hand asked me if I have problem with my legs and I told them that I had dead veins on both legs. Immediately, the security called the attention of medical staff. The medical staff said ; actually is not suppose to be on this charter flight back to his country. The security man asked again that what could we do now. Medical staff reply ; that I should be allowed to being working around or find a place for me to level my legs. Up till date, I could barely carry my legs. This has caused suffering and upset for me. Every time I remember how we detainees were treated on that charter flight, a haunting emptiness descends over my heart. My medical report was not giving to me, even when I asked them time without numbers before days to our charter flight. All hospitals that I had attended wanted to see my medical records, which I did not have. Right now I live with pains.We were frightened on the plane, I was frightened by large of number of people whom does not willing to go back to their counties. My experienced on that flight gave me panic attacks when some securities started beating whoever tries to un-struck their plans. Even, from the airport many people were abused and also at Spain many detainees were insulted, roughly words were spoke on detainees by there polices and also beating. When I was coming from toilet I saw many detainees, I mean those detainees that joined us in Spain with handcuffs. Tried to ask those police the reason why all these detainees were like this, those polices were trying to beating me when UK police stopped them because of my condition. There are many uncontrolled crying among the children because of the beating and shouting on the plane. All these unexpected attitude reminds me my last torture experienced. From UK many were shouting that they have court pending and others were saying they have wives and children here in UK. While many were saying what about my properties. To my surprised we did not land at any of normal Nigerian airport, the plane landed on one open field called NACO AIRPORT (Cargo Airport) and before we came out of the plane all our luggage’s has been putting on this open field without any security, while many people’s luggage has been missing.

voire aussi: Récit d’une expulsion dans un charter Frontex (avril, 2010)

Le persone portate come cadaveri

Ho avuto lo choc della mia vita quando abbiamo cominciato il nostro viaggio [dal centro di detenzione] di Tinsley House all’aeroporto. Siamo restati nel bus dalle ore 11 alle 18 senza poter uscire. Nel bus non abbiamo potuto muoverci né uscire per 7 ore, poiché ogni detenuto era scortato da due agenti di sicurezza.Gli agenti di sicurezza prendevano una pausa ogni 30 minuti ed erano rimpiazzati da altri agenti, mentre noi, restavamo seduti, stretti come sardine in scatola. Le mie gambe si sono gonfiate e sembravano pesanti come mai mi era successo.Più le ore avanzavano, più ogni ora era per noi un’ora di lotta. Mi sentivo sempre più debole, come se il mio sangue avesse smesso di circolare. Non eravamo affatto preparati a ciò che stava per succedere su quel volo charter. Ovunque posassi il mio sguardo, non c’era che punizione gratuita.C’erano molte donne tristi e molti bambini nei loro passeggini. I bambini piangevano con veemenza vedendo come i loro genitori venivano trattati. Su questo volo c’erano molte donne con neonati e i minori separati dai loro genitori avevano la tristezza sul viso.Siamo partiti da un altro aeroporto, Gatwick. Siamo atterrati a Dublino. Là, molti altri sono saliti sul volo charter. I detenuti di Dublino sono stati condotti all’aereoporto nei furgoni penitenziari e avevano le manette ai polsi. Molti erano stati percossi abbondantemente prima di essere imbarcati.Già nella stessa Gran Bretagna, un minore era stato picchiato quando aveva cominciato a scrivere il suo messaggio «Ho lasciato la Nigeria quando avevo 3 anni, non ho più alcuna famiglia in Nigeria» L’agente di sicurezza al suo fianco gli diceva che non serviva a niente scrivere e che si doveva calmare. Tutt’a un tratto, dalla folla sono partite delle grida che dicevano che dovevano smettere di picchiarlo in quel modo. Hanno gridato così forte che i medici sono accorsi ad occuparsi del ragazzo.Siamo partiti da Dublino per la Spagna, ed è là che è stato più orribile: uomini e donne ammanettati alle mani e ai piedi. I due agenti di sicurezza ai miei lati hanno realizzato che le mie gambe bruciavano. Quello alla mia sinistra mi ha chiesto se avevo problemi alle gambe e gli ho detto che avevo le vene collassate. Hanno chiamato immediatamente la squadra medica.Questi hanno detto che non era previsto che fossi espulso su quel volo. L’agente di sicurezza ha di nuovo chiesto cosa si potesse fare nell’immediato. I medici hanno risposto che bisognava autorizzarmi a camminare o a trovare un posto dove mettere le gambe in alto. Riuscivo appena a muovere le gambe. E’ stata un’altra causa di sofferenza ed esasperazione.Quando ripenso a come siamo stati trattati su questo charter, uno spettro arriva a svuotarmi il cuore. Non mi è mai stato dato un rapporto medico, benché l’avessi chiesto mille volte. Tutti gli ospedali che ho visitato mi domandavano questo rapporto che io non avevo.Eravamo spaventati in questo aereo, ero spaventato dal gran numero di gente che non voleva tornare nel proprio paese.La mia esperienza: attacchi di panico che mi assalivano quando vedevo come gli agenti picchiavano tutti quelli che cercavano di contrastare i loro piani.Già all’aeroporto, tanta gente è stata maltrattata, in Spagna i detenuti sono stati insultati, la polizia li aggrediva verbalmente e li picchiava.Quando sono rivenuto dai bagni, ho visto molti di quei detenuti che erano saliti in Spagna e avevano le manette.Ho provato a domandare alla polizia perché stavano così, e allora i poliziotti hanno cominciato a picchiarmi fino a quando i poliziotti inglesi non li hanno fermati, a causa del mio stato di salute.C’erano molti bambini che piangevano a causa di queste violenze e queste grida nell’aereo. L’insieme di questi atteggiamenti inattesi mi ha ricordato le mie esperienze di tortura.Tra i passeggeri venuti dalla Gran Bretagna, molti gridavano per dire che dovevano prima passare davanti a un tribunale, altri per dire che avevano moglie e figli qui in Gran Bretagna. Molti si domandavano cosa sarebbe successo ai loro beni che avevano lasciato.La mia grande sorpresa è stata di non atterrare in un aeroporto nigeriano normale, ma di atterrare su un terreno chiamato NACO AIRPORT (scalo merci) e che i nostri bagagli erano stati posati lì senza alcuna custodia e molti mancavano.

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