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Epidémie de choléra, crise économique sans précédent, paralysie politique... Ce cocktail mortel conduit de nombreux Zimbabwéens à fuir leur pays et à traverser la frontière sud-africaine. Human Rights Watch a demandé au gouvernement d’Afrique du Sud de leur accorder l’asile temporaire. Réponse négative. Le point avec Gerry Simpson, spécialiste de la question des réfugiés pour le HRW.

Comment s’explique l’afflux massif des Zimbabwéens à la frontière sud-africaine?

Les Zimbabwéens fuient l’épidémie de choléra. Ils fuient la situation économique catastrophique de leur pays. Ils fuient parce qu’ils sont persécutés pour leurs opinions politiques, par exemple s’ils sont proches du Mouvement pour le Changement Démocratique, le parti opposé au Zanu-PF de Robert Mugabe. Ils viennent aussi en Afrique du Sud pour travailler et nourrir leur famille dépossédée: en effet, en mai-juin 2005, peu après des élections, quelque 700 000 personnes ont été expulsées de chez elles, notamment dans les bidonvilles, lors de l’opération "Clear the Filth"...

Cet afflux s’est-il accéléré récemment?

Quelques chiffres pour vous répondre... Un million à 1,5 million de Zimbabwéens pourraient prétendre à l’asile, selon nos estimations. En 2007, l’Afrique du Sud a reçu plus de 45 600 demandes d’asile, dont 17 000 émanaient de ressortissants zimbabwéens. En 2008, elle a reçu 100 000 demandes en ne comptant que les Zimbabwéens.

Ceci dit, cet écart s’explique aussi par l’ouverture d’un nouveau centre qui gère les dossiers, à la frontière, en juillet dernier. Et par une meilleure information diffusée parmi les migrants: déposer une demande évite en effet au candidat à l’asile de risquer la déportation pendant le laps de temps nécessaire à l’examen de son cas.

La déportation... Rapport du HRW Gerry Simpson est l’auteur du rapport "Neighbors in Need: Zimbabweans Seeking refugee in South Africa" pour le HRW, en juin 2008. C’est dans ce rapport que le HRW formule sa demande de statut temporaire pour les migrants zimbabwéens en Afrique du Sud.

Oui. L’Afrique du Sud mène une véritable politique de déportation, depuis quatre ou cinq ans. Quelque 266 000 Zimbabwéens sont reconduits à la frontière chaque année, avant de retenter leur chance, parfois après quelques heures seulement.

Y compris ceux qui fuient les persécutions que vous décriviez?

Tout à fait. L’Afrique du Sud ne fait pas de distinction et déporte aussi ces personnes qui, selon la convention de Genève de 1951, devraient avoir un statut de réfugié. Soit parce qu’elles n’ont pas déposé de demande d’asile. Soit parce que les autorités les traitent comme des migrants économiques. En les refoulant, l’Afrique du Sud est en violation du droit international des réfugiés.

D’où votre demande d’accorder un statut temporaire de réfugiés à ces migrants.

Il faut que Pretoria arrête les déportations. Mais alors il faudrait aussi octroyer aux Zimbabwéens le droit de travailler. Ce qu’ils font déjà mais illégalement, notamment pour faire vivre leurs proches restés au Zimbabwe. Pour ce faire, nous avons donc demandé l’instauration d’un statut temporaire, tant que la situation ne s’améliore pas là-bas.

Mais le gouvernement sud-africain a répondu en fin de semaine dernière qu’il n’avait pas d’autre choix que d’expulser les Zimbabwéens en situation irrégulière dans le pays.

L’Afrique du Sud n’a pas d’"outil" pour distinguer les différents types de migrants... donc les pénalise tous. En tant que pays le plus riche de la région, elle fait face à un problème d’immigration généralisée... ainsi qu’à des violences xénophobes à l’encontre des migrants. Elle ne distingue pas non plus le cas zimbabwéen des autres (République démocratique du Congo, Ethiopie, Rwanda...).

Que va répondre, à son tour, le HRW?

Jusqu’à présent, nous nous appuyions sur la convention de Genève, mais il en existe une autre sur laquelle nous pourrions fonder notre demande: la convention des réfugiés de l’Union africaine (1969), qui propose une définition bien plus large de ce statut.

Au lieu de devoir justifier, individuellement, des persécutions dont l’on pourrait faire l’objet dans son pays d’origine, il s’agit de décréter que tous les ressortissants d’un pays où l’ordre public est troublé peuvent virtuellement demander asile. Problème: invoquer ce texte reviendrait pour l’Afrique du Sud à insulter le régime de Robert Mugabe, ce que le président Thabo Mbeki ne ferait vraisemblablement pas.

Nous sommes donc en plein débat sur cette question sensible. Mais la situation est tellement grave au Zimbabwe, notamment à cause de l’épidémie de choléra, et l’Afrique du Sud se montre tellement intransigeante, que la question est sans doute plus urgente que jamais.

(Rapport du HRW Gerry Simpson est l’auteur du rapport "Neighbors in Need: Zimbabweans Seeking refugee in South Africa" pour le HRW, en juin 2008. C’est dans ce rapport que le HRW formule sa demande de statut temporaire pour les migrants zimbabwéens en Afrique du Sud)

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/l-afrique-du-sud-viole-les-droits-des-refugies-zimbabweens_731653.html

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