Nella stessa rubrica

Communiqué de presse des retenus du CRA de Nîmes (France, 7 octobre 2011)

Prison pour étrangers de Vincennes, vendredi 23 septembre 2011 (France, septembre 2011)

DUPLICITÉ ET COMPLICITÉ ? ARRÊT DE LA RÉPRESSION CONTRE LES JEUNES MIGRANTS TUNISIENS ( Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), France, Juine 2011)

Communiqués du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris: occupations et manifestations (France, mai 2011)

Kamel, tunisien, 24 ans. Témoignage recueilli le 13 avril 2011 (France, avril 2011)

Témoignage du centre de rétention de Vincennes (France, mars 2011)

Incendie au centre de rétention de Marseille. Lettre des retenus (France, mars 2011)

Témoignages des prisonniers du centre de rétention du Mesnil-Amelot (France, janvier 2011)

Témoignage d’un sans-papier au Centre de rétention du Mesnil-Amelot (France, juin 2010)

Récit d’une expulsion dans un charter Frontex (avril, 2010)

Lettre de prison (A., France 2008)

Cette lettre nous est parvenue par l’intermédiaire d’une personne incarcérée à Villepinte, comme A. Il l’a écrite pour lui, afin de faire connaître son histoire.

Je m’appelle A., je suis Mauritanien, je suis en France depuis 4 ans où je travaille dans la restauration. J’ai été arrêté par la police au mois de mai dernier à 20 mètres de ma maison à beauvais pour un contrôle d’identité. Je présente aux policiers un papier comme quoi j’ai un dossier déposé à l’OFPRA en train d’être examiné. Les policiers me disent que ce papier ne vaut rien, alors que c’est l’Etat qui me l’a donné, et ils m’emmènent au commissariat où je reste une journée avant d’être emmené au centre de rétention de Rouen. Je reste 15 jours à Rouen et le 15 juin on m’emmène à l’aéroport de Roissy pour être expulsé. Je dis aux policiers qui m’escortent que je suis demandeur d’asile, que je risque ma vie si je retourne en Mauritanie mais le policier dit que ça lui est égal, qu’il a ordre de m’expulser et qu’il obéit. On m’attache les mains derrière le dos et les jambes. J’essaie de me débattre et je refuse de monter dans l’avion. Vu que je refuse, les policiers m’emmènent vers leur voiture, ils sont très énervés à cause de mon refus, ils commencent à me battre, à m’insulter moi et ma famille et à me frapper la tête. Je crie pour que ça s’arrête et l’un des policiers me ferme la bouche et me tourne très fort la tête pour me faire taire. Ca me bloque la respiration et pour me dégager je lui mords un doigt. On m’emmène alors au commissariat de l’aéroport où je demande à voir un médecin car j’ai très mal au cou. Le médecin me donne 4 comprimés et une ordonnance. De retour au commissariat, je redemande des comprimés car j’en ai plus mais la police refuse de m’en donner, meme en les achetant avec mon argent. Un policier me demande si ça va, je réponds que non, il me dit que c’est bien alors. Je ne pourrai pas revoir de médecin ni recevoir de soins. Le 17 juin, on me transfère au tribunal de Bobigny devant un juge d’instruction. Je lui dis que je veux un interprète car je ne maîtrise pas le français à 100 pour 100 et que je veux être sûr de ce que je dis. La juge d’instruction Catherine B m’apprend que je suis mis en examen pour :
- Séjour irrégulier en France
- Refus de se soumettre à une mesure d’éloignement forcé
- Violence ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, avec comme circonstance aggravante que ce soit sur un policier en exercice. Le dernier chef d’inculpation fait de mon affaire une affaire criminelle. N’ayant pas d’interprète, la juge dit qu’elle m’incarcère quelques jours en maison d’arrêt, le temps de trouver un interprète. Voilà comment je suis arrivé à Villepinte, ces quelques jours vont durer 5 mois avant que je sois interrogé de nouveau. Et encore à nouveau sans interprète et sans mon avocat au début qui est en retard. Je proteste car il n’y a pas d’interprète comme convenu mais la juge me répond : « Soit tu parles, soit je te remets en prison. » Alors j’ai préféré parler. J’ai tout expliqué : l’arrestation, l’aéroport, les coups qu’on m’a portés, le fait que je me sois défendu. J’ai dit que selon moi je n’avais rien fait de mal, je me suis juste défendu car on me frappait et on m’étouffait. La juge m’a ensuite posé quelques questions sur ma famille, ma nationalité. Mon avocate n’a rien rajouté. Depuis cet interrogatoire il y a 1 mois, je n’ai aucune nouvelles, ni de la juge ni de mon avocate. Pourtant j’ai écrit à mon avocate pour qu’elle me rende visite et qu’on discute de l’affaire mais elle n’est pas venue. Ca fait presque 6 mois que je suis incarcéré à Villepinte avec un mandat de dépôt criminel.

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