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Qui est migrant?

Certes, l’expression "histoires migrantes" se réfère aussi à l’histoire. Mais en décidant quelles histoires faire confluer dans cette archive, nous avons dû nous efforcer de déterminer à qui demander les histoires. Nous avons donc dû répondre à la question : "qui" est migrant ? Sans vouloir proposer une définition définitive, nous essayons de répondre de la manière suivante : Une femme, un homme, un enfant. Des femmes, des hommes, des enfants. Singularités et pluralités d’êtres humains qui, comme tous les êtres humains, ont besoin d’un espace pour leur existence, mais à qui les dispositifs de contrôle de leurs déplacements ou de leurs positions, soustraient en partie la nécessaire adhésion à l’espace, rendant leur établissement pour ainsi dire, suspendu. C’est pour celà que le participe présent du verbe migrer, qui contient le paradoxe de rendre durable une action momentanée, celle du déplacement d’un espace à un autre, outre qu’il renvoie plus que d’autres termes au choix et à l’action du sujet qui accomplit un tel déplacement, décrit aussi, à notre avis, cette position suspendue. Suspendue dans l’espace, parce qu’un obstacle, une barrière, une limite, une frontière, visibles ou invisibles, juridiques, politiques, sociales, s’interposent à la pleine adhésion à la terre de femmes, d’hommes et d’enfants. Et suspendue dans le temps, parce qu’un obstacle, une barrière, une limite, une frontière, bloquent le déplacement, empêchant que le mouvement se réalise d’un lieu à un autre, comme tous les mouvements, et trouve ainsi un moment final. Ou parce que des barrières et des confinements plus subtils et invisibles imposent un résidu de pas-encore au moment final. Nous sommes conscients qu’avec cet "essai de définition" nous courrons quelque peu un risque. Celui de répondre à partir d’une négativité ; ou même celui de reproduire, en la transposant en termes spaciaux, en tant que difficulté par rapport à l’espace produite par les dispositifs de contrôle et par les politiques gouvernementales des migrations, l’image des migrants comme victimes passives, lieu commun de tant de discours des mass-media et de tant de pratiques associatives. Ce n’est certainement pas notre intention. Avec les histoires que nous proposons, elles-mêmes constamment en mouvement, nous voulons plutôt essayer de nous placer sur une ligne de crête. Celle qui est située entre cette position suspendue, déterminée par le pouvoir, et toutes les inventions de pratiques, actions, gestes, lieux, espaces, temps, autres par rapport à ceux imaginés par les contrôles et pas les confinements, que femmes, hommes, enfants migrants, effectuent dans les espaces et les temps de leur suspension, faisant ainsi migrer la géographie et la temporalité elle-même.

Est migrant, alors, celle ou celui qui est en train de se déplacer. Est migrant, dans ce sens, celle ou celui qui est en train de réaliser un mouvement, au sens littéral. Pour celà aussi, nous avons décidé qu’une subdivision possible du site serait celle par continents, non pas en tant que lieux d’arrivée ou de départ, mais en tant que lieux-temps de récit, ceux où a été délivrée l’interview ou bien où quelqu’un a raconté sa propre histoire. Mais est migrant aussi celle ou celui qui est arrivé(e) et qui est en train, pour ainsi dire, de déplacer l’espace de son lieu d’arrivée. Et est migrant, certes, celle ou celui qui ne s’est jamais déplacé(e), au sens littéral, mais qui a besoin de réaliser un déplacement de l’espace où il réside pour y pouvoir trouver pleine adhésion. Est migrant, par conséquent, un garçonnet français de certaines banlieues françaises, métaphores, outre que lieux réels, de ce besoin de déplacement de l’espace; est migrante une fillette péruvienne née en Italie mais dont le possibilité de résider sur le territoire italien est liée au permis de séjour des parents. Ne sont pas migrants, par contre, une femme espagnole en Italie, un homme allemand en France, puisque leur adhésion à l’espace, et dans ce cas au territoire français et espagnol, ou encore, au "pays Schengen", n’est nullement mise en doute. N’est pas migrant un italien en Albanie, un français au Maroc, car ils se trouvent sur des territoires qui font espace à leurs existences et parfois même à leurs économies délocalisées.

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