Nella stessa rubrica

Déclaration des Expulsés Maliens du 3 Mai 2010 de la Libye (Mali, mai 2010)

Après le naufrage, la déportation. Kidal, Mali, juin 2008 (interview recueillie par Sara Prestianni)

Appel de l’AME et de son collectif de soutien, Bamako, Mali, mars 2008

Comuniqué de l’Association Malienne des Expulsés (Ame) à propos de la rafle à Paris le 12 février 2008

Interview à Ousmane Diarra, Association Malienne des Expulsés, Bamako, Mali, février 2008 (interview recueillie e par Sara Prestianni)

Du Maroc au Mali: histoire d’une déportation (interviews recueillies par Fortress Europe, janvier 2008)

Declaration de L’ AME concernant les expulsions massives de maliens de Libye, Bamako, Mali, novembre 2007

Déclaration de l’AME sur la visite de Brice Hortefeux au Mali, Bamako, novembre 2007

Après le naufrage, la déportation. Kidal, Mali, juin 2008 (interview recueillie par Sara Prestianni)

J’ai été rejoint par téléphone par un des survivants du naufrage d’Al Houceima (Maroc, la nuit entre les 28 et 29 avril : art290) qui raconte le naufrage, le refoulement et les déportations dont il a été ensuite victime en Algérie.
Après le naufrage il a été détenu à Nador pour être ensuite refoulé à Oujda. Une fois en Algérie il a été déporté en 6 prisons différents pour être abandonné ensuite à Tinzaouaten, le no man’s land à la frontière entre Algérie et Mali. Il raconte les violences physiques et psychologiques subies par les militaires algériens. Il se trouve actuellement à Kidal, au nord du Mali.

(Sara Prestianni, giugno 2008)

Son récit:

« J’étais à Nador, j’avais mis de l’argent à côté pour pouvoir partir en Europe. Une fois contacté les passeurs nous avons dû attendre 3 jours avant de prendre la mer. Après 3 heures de traversée, notre pateras a été intercepté par des militaires marocains. Ils ont tfait tomber notre bateau, 36 personnes sont mortes. Moi je savais bien nager donc j’ai pu me sauver. Les Marocains ont pris et emprisonné pendant 3 jours 13 des survivants. La plus part des personnes qui étaient sur la pateras étaient des Camerounaises, Ivoiriens et Nigérians, moi j’étais le seul Malien. Les militaires marocains nous ont amené à Oujda, vers la frontière avec l’Algérie. Les autres sont repartis vers le Maroc, moi j’étais trop fatigué suite au naufrage, ça a été dure, en plus je n’avais ni d’argent ni de papiers, que j’avais perdu dans le naufrage et j’ai décidé de retourner chez moi au Mali. J’ai donc pris la route vers l’Algérie.
Après quelques jours, j’ai été arrêté, à Tlemcen, par des policiers algériens, il y en a par tout. Ils m’ont demandé mes papiers, j’ai leur dit que je les avais perdus pendant le naufrage. Les policiers algériens n’ont pas cru que j’étais Maliens (ndr : les Maliens peuvent transiter librement sur le territoire algérien) et ils m’ont enfermé dans la prison centrale de Tlemcen. Dans la prison il y avait 103 détenus, pour la plus parte des Algériens, n’il y avait que 3 subsahariens : moi une Togolaise et une Camerounaise Je suis resté 3 jours à la prison de Tlemcen et de là m’ont transféré à la prison de Sidi Bel Abbés. Il y avait aussi des Algériens, mais les policiers nous séparaient d’eux, nous appelaient les "Africains" et nous disaient que nous ne pouvaient pas mélanger aux Algériens.
Après 2 jours moi et les autres 6 subsahariens qui étaient à Sidi Bel Abbés nous avons été transféré à la prison de Bechar pendant une semaine.Ensuite, avec des cars militaires, nous avons été amenés à la prison d’Adrar. Là il y a avait des Algériens mais aussi 13 autres subsahariens, dans une cellule à côté, bien séparés. Après 10 jours de détention nous avons été amené à la prison de In Salah. Là il y avait que des migrants subsahariens, plus de 100. Nous dormions tous ensemble, femmes et hommes dans la même salle, au sol. Les militaires ne nous donnaient à manger que du pain et de l’eau. Ceux qui demandaient plus à manger parce que fatigué étaient frappés. Moi aussi j’étais frappés. Ils frappaient avec des matraques mais aussi avec les pies. Les militaires algériens nous insultaient, nous disaient que nous n’avions pas besoin de manger parce que nous sommes que des moutons, des animaux.
Beaucoup étaient malades et demandaient à voir un médecin et les militaires algériens disaient que ce n’était pas possible et nous ne donnaient même pas de médicaments. Nous avons été enfin amenés à Tinzaouaten, à la frontière entre l’Algérie et le Mali, où nous avons été abandonné au milieu du désert. À tinzaouaten en ce moment il y a beaucoup de monde qui reste là en attendant la façon de descendre vers Kidal, il y en a au moins 500. A cause de la rébellion la ville de Tinzaouaten est complètement abandonné, du coté malienne n’il y a que des militaires. C’est impossible donc de travailler pour mettre à côté un peu d’argent pour pouvoir partir de cette ville fantôme.
Moi j’avais encore un peu d’argent, j’ai payé les passeurs algériens 8000 FCFA pour arriver jusqu’à Kidal. Maintenant je suis à Kidal et je ne sais pas comme aller à Gao pour après retourner chez moi. Je suis fatigué, j’ai tout perdu et je suis encore choqué pour le naufrage, du fait d’avoir vu mourir des personnes devant mes yeux. Il y a des personnes qui deviennent folles. Une personne qui venait de Rabat et il a été arrêté en prison en Algérie il est devenu fou, une fois arrivé à Kidal nous l’avons amené à l’hôpital, mais il n’a pu rien faire. Aussi Kidal elle est complètement désert à cause de la rébellion en course et nous ne trouvons pas de travail pour avoir le minimum d’argent pour nous enfuir d’ici.

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