Nella stessa rubrica

Pour un Maroc terre d’accueil. Halte aux rafles et aux expulsions des Migrants (Communiqué, Maroc, janvier 2011)

Lettre ouverte des associations des migrants et des réfugiés Subsahariens au Maroc adressée au chef de mission du Hcr-Maroc (Maroc, août 2010)

Message du Collectif des Réfugiés au Maroc (Collectif des Réfugiés au Maroc, juin 2010)

Lettre ouverte de la Communauté camerounaise du Maroc (Maroc, avril 2010)

Dans la forêt ghetto de Oujda (Maroc, mars 2010)

Violence sexuelle et migration (Médecins Sans Frontières, Maroc, Mars 2010)

"Ma vie est brisée ici, je vis dans une maison abandonnée, c’est dur à 21 ans", lettre de Hassan el-Bouyahyoui à Sarkozy (Maroc, mars 2010)

Najlae Lhimer. Rimpatriata perché era stata picchiata (Francia-Marocco, febbraio 2010, intervista video)

Marocco, la lotta dei rifugiati (lettera-racconto di Archipes Mabialansamuambote, luglio 2009)

Rêve d’Europe (par Fiston Massamba, mars 2009)

Lettres du Maroc, par Jean-Louis Edogué (octobre-novembre 2007)

Nous publions ici deux lettres que nous avons reçues de Jean-Louis Edogué, un migrant d’origine camerounaise au Maroc. La première raconte la manière dont les forces de l’ordre marocaines ont réprimé les migrants sur le campus de la ville d’Oujda, aux confins avec l’Algérie. La répression, survenue dans la nuit du 25 au 26 octobre 2007, coïncidait, comme il est désormais habituel au Maroc, avec la visite d’un président européen, en l’occurrence Nicolas Sarkozy, et préparait le terrain pour la discussion sur les politiques de contrôle des migrations, que les pays européens et l’UE dans son ensemble, exigent des pays du Maghreb et d’Afrique en général. Le camp d’Oujda, en particulier, est un lieu à ciel ouvert où, à côté du campus universitaire proprement dit, sont rassemblés les migrants qui, à la suite d’un coup de filet dans les autres villes, sont déportés dans cette ville d’Oujda et abandonnés par les forces de l’ordre à la frontière avec l’Algérie. Ces dernières années, après les épisodes de Ceuta et Melilla de l’automne 2005, il est devenu le principal lieu de regroupement des migrants sans papiers, réfugiés et demandeurs d’asile au Maroc. Presque un passage obligé pour tous, car nombreux sont ceux qui ont connu la déportation vers la frontière de l’Algérie. La seconde lettre de Jean-Louis Edogué décrit ce lieu.

(Février 2008)

1) Jean Louis Edogué, octobre 2007

Afin de répondre aux injonctions du président Sarkozy, récemment en visite officielle au Maroc, et relatives à la répression systématique des migrants subsahariens au Maroc, les forces de l’ordre marocaines ont effectué une descente au campus d’Oujda dans la nuit du 25 au 26 octobre à 4h30mn du matin.

Cette opération de répression a produit de nombreux blessés graves. En escaladant des murs au dessus desquels sont plantés des tessons de bouteilles, mains et pieds nus, plusieurs migrants se sont blessés profondément. Les blessés se débrouillent comme ils pouvaint pour extraire les tessons de bouteilles de leur chair.

Les militaires marocains déterminés à humilier les migrants subsahariens, ont brulés la quasi totalité de leurs couvertures.

"Rentrez chez vous, rentrez chez vous", sont les paroles qui accompagnaient les actes de violences de ces militaires sur les personnes des subsahariens. L’antenne de Médecins Sans Frontières d’Oujda, informée des souffrances des migrants est demeurée indifférente jusqu’à ce jour. Le sentiment des migrants suite à une telle indifférence est que depuis que MSF Oujda est géré par les marocains, leur alignement à la politique de chosification du subsaharien ne fait plus de doute.

Par ce temps de pluies et de froid de plus en plus croissant, les demandeurs d’asile, les statutaires, les migrants en grand nombre (150 personnes au moins), sont abandonnés à la merci de la rudesse du climat.

En dehors de l’action limitée de l’association ABDCS, en la personne de son président H. B., qui se démene jour et nuit aux côtés des migrants, le HCR, MSF les organisations de droit de l’homme et d’autres associations soit disant acquises à la cause des subsahariens, parias et gênants, sont invisibles.

La police d’Oujda a reçu l’ordre de ne laisser aucun subsaharien fut-il sous la protection du HCR, se procurer un titre de voyage aux gares routière ou ferroviaire. Cette enfermement des subsahariens au campus de cette ville, dans des conditions de vie très précaires et en plein air, n’est rien d’autre que la mise en œuvre d’une machine à tuer à petit feu.

2) Rapport de Jean Louis, sur la situation catastrophique des migrants subsahariens d’Oujda, 16 octobre—16 novembre 2007.

Oujda, ville frontalière du nord-est du Maroc, un coin retiré de son campus universitaire sert de camp de concentration à l’air libre aux autorités marocaines pour avilir, chosifier, détruire les migrants subsahariens qui y sont assignés à résidence. Evalués au nombre de deux cents, ils sont de nationalités nigérianes, ivoiriennes, maliennes, sénégalaises, guinée Conakry, Burkina- Faso, gambien, Cameroun, guinée Bissau etc. facilement remarquables par leur couleur, les indésirables, gênants et parias subsahariens subissent la répression systématique et discontinue des forces de l’ordres marocaines.

La mise en marche de la machine sarkozienne chargée des persécutions et assassinats fonctionne à merveille par la main d’oeuvre locale entretenue et surpayée dans le Maghreb et produisant au quotidien ses résultats regrettables.

Lorsque ce ne sont pas les subsahariens qui sont détruits à petit feu dans le camp de concentration à l’air libre d’Oujda ou ils sont exposés aux températures variantes entre cinq et deux degré la nuit, ce sont les marocains, maliens, tunisiens, etc.. en situation irrégulière et en rétention dans les geôles libyennes, qui sont opprimés, torturés par les forces de l’ordres et dont le chef suprême soutient avec enthousiasme le projet de création des états unis d’Afrique. Comment ne pas évoquer les cas de viols des femmes marocaines et les maltraitances de toutes sortes qui leur sont infligées au motif de leur situation irrégulière. Au moment ou la libre circulation des personnes et des biens sous-tend les projets de regroupement des pays par espaces géographiques sur la planète, la puissante Europe, responsable des spoliations variées en Afrique, développe des stratégies visant à empêcher la libre circulation des personnes entre pays du sud. Sa stratégie consistant à corrompre par des millions d’euros les uns, et à réhabiliter certains hier considérés de dangereux et non fréquentables. Ne convient-il pas de se demander si c’est au prix des persécutions, oppressions, viols, morts (Ceuta et Mellila 2005, Mellila 04 juillet 2006, Laayoune juillet 2007, et les cas d’atrocités et morts signalés en Libye) que les dirigeants africains sous traitant des services de maltraitances et assassinats des leurs, aux frontiéres de l’Europe comptent dynamiser leurs économies?

Revenons au camp de concentration à l’air libre d’ Oujda: sur l’ordre de l’administration de l’université, les rares robinets encore accessibles aux migrants ont été fermés. Mal nourris, mal vêtus, dormant à l’air libre, les migrants sont abandonnés à eux mêmes.

La mendicité auprès des maisons les plus proches, et les trafics divers à l’intérieur du camp permettent aux migrants de survivre. Malgré l’ interdiction de solidarité quelconque envers les migrants subsahariens, faite aux associations et populations marocaines, une association entièrement marocaine dénommée ABCDS soutient à la limite de ses moyens les migrants dans les domaines suivants:
— - assistance sociale( couvertures, vêtements chaud, distributions d’aliments)
— -assistance juridique, etc....

H. B., président de ladite association, en cette période de froid particulièrement rude dans cette ville, rend des visites régulières au camp afin d’évaluer les difficultés des migrants et de trouver ou envisager des solutions selon les cas. Le 26 octobre dernier à 4h30mn du matin, les autorités marocaines réceptives aux injonctions sarkoziennes de répression systématique contre les subsahariens, ont ordonné une descente des forces de l’ordre au camp.

le résultat de cette opération a produit:
— des yeux tuméfiés par des nombreux coups de poings reçus,
— déboîtements des genoux,
— -entorses des chevilles,
— -pénétrations des tessons de bouteilles aux plantes des mains, pieds et autres parties du corps lors des tentatives d’escalader les murs au dessus desquels sont plantés ces tessons,
— -la quasi-totalité des couvertures des migrants ont été brûlées,
— -dépouillement des migrants de leurs téléphones portables et peu d’argent. l’antenne des Médecins Sans Frontières d’Oujda, interpellée à la suite de ces faits, est demeurée indifférente plus d’une semaine. Il importe de souligner que dans l’attente de l’affectation d’un médecin coordonateur, l’infirmier marocain, assumait la gestion des activités de cette antenne au moment de la survenance des atteintes graves à l’intégrité physiques susmentionnées.

Comment traduire son inaction après plusieurs interpellations et cela dans l’intervalle de temps suscité?, est ce un cas d’empêchement de force majeur, ou alors une complicité à la politique de chosification des migrants subsahariens, laquelle ne fait plus d’ailleurs de doute pour ces derniers. Comme cas d’espèce de comportement d’indifférence de cet infirmier, alors que H. B. d’ABCDS et une mission espagnole de l’APDHA étaient en visite dans le camp, une demande de secours très urgente leur est adressée par un migrant au sujet d’un autre dont le corps enfle des pieds à la face. Le migrant en question est parvenu au camp d’Oujda développant déjà ce malaise suite aux rafles survenues à Laayoune. Une fois de plus l’infirmier est sollicité et cela sur sa ligne directe, il renvoie l’intervention au jour suivant. Vu la gravité de la situation, il est rappelé et feint d’être à Rabat. Les appels multipliés à la fois de certaines associations de Rabat et de la mission espagnole sur place, et d’H. B. en direction de cet infirmier , lui confère un caractère d’omniprésence le rendant capable d’être à la fois à Rabat et à Oujda. Finalement ce dernier arrivera vers 20h accompagné du docteur coordonnateur qui arrivait aussi dans la ville pour sa première fois.

L’évacuation du malade vers un hôpital est décidée après examen du médecin..

Suites aux opérations des rafles des subsahariens menées simultanément dans la nuit du 26 octobre 2007 dans plusieurs villes du Maroc, ce sont retrouvés au camp d’Oujda cité plus haut, demandeurs d’asile, et statutaires, tous sensés êtres sous la protection du HCR.

Malheureusement, la fonction politique du HCR, lui fait adopter une position mitigée en rendant victimes les migrants doublement affectés par les répressions policières et l’abandon à eux mêmes. S’agissant des subsahariens raflés à Rabat la nuit du 08 au 09 novembre dernier à deux heures (2h), l’indignation fut à son comble à la vue des marques des maltraitances sur les corps. De ceux parvenus au camp d’Oujda Il convient de préciser que les subsahariens portant ces marques de maltraitances relevaient du HCR. Une victime de ces actes avait un doigt complètement fracturé, l’avant bras enflé et constaté par le médecin coordonnateur de MSF qui faisait sa prise de contact avec les migrants du camp. Un autre avait un coté de l’une de ses joues enflé suite à un mal de dent dont le traitement était en cours dans un hôpital de Rabat, malgré tout, les forces de l’ordre l’ont sorti de sa chambre sans possibilité pour lui de prendre ses médicaments au moins. Un mineur et sa maman embarqués lors de cette rafle ont été jetés séparément à la frontière fermée du Maroc avec l’Algérie. Des recherches laborieuses menées par les subsahariens ont permis de retrouver la maman égarée plusieurs heures après. Ne serait il pas important de rappeler aux responsables des politiques du tout sécuritaire et ses conséquences dramatiques en empruntant au rapport du gadem ces phrases que « la mondialisation économique, c’est aussi la mondialisation des migrations. Et cela devrait être aussi la mondialisation des droits de l’homme, de la démocratie et de la justice, et non pas celle des répressions et des politiques sécuritaires ».

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