Nella stessa rubrica

Déclaration des Expulsés Maliens du 3 Mai 2010 de la Libye (Mali, mai 2010)

Après le naufrage, la déportation. Kidal, Mali, juin 2008 (interview recueillie par Sara Prestianni)

Appel de l’AME et de son collectif de soutien, Bamako, Mali, mars 2008

Comuniqué de l’Association Malienne des Expulsés (Ame) à propos de la rafle à Paris le 12 février 2008

Interview à Ousmane Diarra, Association Malienne des Expulsés, Bamako, Mali, février 2008 (interview recueillie e par Sara Prestianni)

Du Maroc au Mali: histoire d’une déportation (interviews recueillies par Fortress Europe, janvier 2008)

Declaration de L’ AME concernant les expulsions massives de maliens de Libye, Bamako, Mali, novembre 2007

Déclaration de l’AME sur la visite de Brice Hortefeux au Mali, Bamako, novembre 2007

Interview à Ousmane Diarra, Association Malienne des Expulsés, Bamako, Mali, février 2008 (interview recueillie e par Sara Prestianni)

Ousmane Diarra, président de l’AME (Association Malienne des Expulsés), raconte comment est née l’association, à la suite des grandes expulsions de sans-papiers français, après l’occupation, en 1996, de l’église Saint Bernard à Paris. Il raconte, en outre, le travail quotidien de l’association avec les migrants maliens expulsés des pays européens et africains et les migrants refoulés à la frontière algérienne avec le Mali.

(Sara Prestianni, février 2008)

L’association Malienne des expulsés en née en 1996, sous le grand feu des expulsions de Maliens des pays européens et de beaucoup des pays d’Afrique.
En cette époque les sans papiers en France avaient occupé l’Eglise Saint Bernard et subissaient une forte répression policière. La plupart entre eux étaient Maliens et ont été expulsés dans leur pays d’origine, comme technique pour apaiser la lutte. En même temps 2013 travailleurs maliens étaient expulsés d’Angola, entre eux: moi. Le conflit déclanché au Libera avait obligé beaucoup des migrants à quitter le pays et beaucoup ont repris la route du Mali. 150 travailleurs migrants ont été expulsé d’Arabie Saudite suite à une opération de fermeture des frontières.
Les expulsés se sont retrouvés au pays d’origine les mains vide et la première lutte a été celle de récupérer les biens laissés dans le pays qu’ils ont été obligés de quitter, notamment les expulsés d’Angola. Au debut n’a pas été facile convaincre les expulsés de l’importance de rassembler toutes les forces pour mener une lutte commune, mais le 6 octobre 1996, quand l’AME s’est constituée officiellement nous étions 1000. En 1997 s’est formé un collectif de soutien des expulsés, le CAD Mali, qui mènait les luttes avec nous soit auprès des autorités maliennes soit de celle des pays où nous avions passé notre vie avant d’être expulsés!
1997 était l’année des expulsions via les charters groupés, dont les fameux charters Debré, qui, après une escale au Maroc, ont rapatriés de force 77 Maliens à l’aéroport de Bamako. Cette fois-ci les migrants se sont révoltés contre leurs expulsions et il y a eu beaucoup d’affrontement entre les policiers et les expulsés. Une fois arrivé à l’aéroport de Bamako, ils ont été amenés directement en prison. La détention dans les prisons a été encore plus dure du fait qu’ils venaient de passer beaucoup de jours déjà dans les centres de rétention françaises. À cette occasion, l’AME a essayé de mobiliser les associations des droits de l’homme pour que ces gendres de pratiques terminent et que tous les migrants soient libérés ! Les expulsés ont été détenus pendant 20 jours, au debout à la prison de Bamako, puis, suite à nos manifestations quotidiennes dans la capitale, ont été transférés à la frontière avec la Mautitanie.
Vers la fin de 1997 beaucoup entre nous, désespérés des conditions de vie qu’ils avaient trouvé à leur retour, ont repris la route vers l’Europe ou d’autres pays africains, la lutte s’est affaiblie et les activités de l’AME, faute de forces, se sont arrêtées.

En 2006, au Forum Social de Bamako, j’ai pu venir à connaissance des histoires de beaucoup de refoulés du tragique octobre 2005, qui avaient été abandonnés au milieu du désert, vers Oujda, suite aux tentatives d’arriver en Europe via les enclaves de Ceuta et Melilla. Grâce aussi à certaines associations françaises nous avons pu ouvrir un petit local à Bamako et recommencer nos activités en soutien aux expulsés et refoulés.
Si d’un coté le célibataire ou ceux qui ont été expulsés avec leur famille, s’ils trouvent un projet de réinsertion décident de rester au Mali, d’autre coté, ceux qui ont été expulsés et ont tout laissé dans le pays d’immigration, y compris leur famille, essayent presque tous de repartir, et dans la pluspart de cas, en ayant eu des interdiction du territoire, le font en prenant la route du désert et de la mer. Même pour ceux qui décident de rester c’est souvent très difficile, parce qu’ils sont partis jeunes et ils n’ont pas pu étudier, et, au Mali, il n’y a pas beaucoup de possibilité de travail pour une personne qui n’est pas diplômée et en plus qui a été expulsée ! Ici au Mali il y a un taux de chômage très haut et la désertification provoque des pertes énormes dans l’agriculture, ce qui pousse beaucoup de personnes à vouloir partir.
Ceux qui décident de reprendre le voyage après les expulsions se retrouvent en pires conditions par rapport à la première fois qu’ils avaient commencé le voyage parce qu’ils n’ont rien quand ils retournent, mais ils continuent à dire « l’Europe ou la mort ».
Une personne qui a été expulsée subit un échec énorme, le fait d’avoir passé 5, 10 ans à l’étranger et le fait de retourner au pays d’origine les mains vides quand tu es parti pour aider ta famille est source d’une grande honte. Ils sont expulsés dans le pays d’accueil et rejetés dans les pays d’origine.
Le but de l’association est celui de donner voix aux expulsés et en même temps sensibiliser l’opinion publique malienne et internationale sur les conséquences des expulsions et refoulements.
Nous travaillons en fait avec les expulsés d’Europe ainsi qu’avec les refoulés, notamment ceux qui ont été repoussés vers la frontière Algerie-Mali, il n’y a pas que des Maliens. Les gouvernements Marocain et Algérien, avec la complicité du gouvernement Malien, n’arrêtent pas de refouler les migrants dans cette zone de no man’s land entre les deux Etats. Beaucoup des migrants que nous rencontrons à la frontière sont malades et ils n’ont pas l’argent ni pour avancer ni pour retourner au pays d’origine. Les policiers les laissant vers Kidal et puis, généralement ils vont vers Gao, où il y a un minimum d’assistance. Quand nous les rencontrons à Bamako nous les emmenons dans notre local où ils peuvent recevoir les premiers soins en cas de maladie et récupérer des forces avant de décider si continuer le voyage ou faire retour. La pluspart décident de continuer le voyage et retenter, pour la énième fois, leur chance vers l’Europe.

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